"Dans une démarche sociale, et avec des cartons réutilisés, on est les seuls."
CARTON-PLEIN-75
mise à jour le lun, 02/20/2017 - 15:20
Entretien avec : 
Do Huynh, Co-fondateur
Réalisé le : 
07.07.2016
Une définition de ce projet en une phrase ? : 
C’est un projet d’insertion de personnes issues de la rue basé sur un service de réemploi de cartons et de déménagement à vélo.
Votre lecture en quelques dates de l'agenda du projet ? : 
2012 : Création de l’association 2013 : Développement de l’activité recyclage de cartons, mais sans réel succès 2014 : Focalisation de l’activité sur le réemploi de cartons 2015 : Développement de l’activité de déménagement à vélo 2016 : Consolidation de l’activité déménagement et ouverture vers le transport d’alimentation
Les chiffres clés aujourd'hui ? : 
50 personnes employées. En 2015 : 34 000 cartons soit 300 arbres, 4 000 km parcourus dans Paris, 37 personnes accompagnées dont 50% avec une poursuite professionnelle.
Quelle est pour vous aujourd'hui sa singularité ? : 
C’est un projet animé par des personnes qui conservent leurs convictions sur la dimension sociale, très fortement présente dans notre structure, tout comme la dimension environnementale. Depuis la réalisation des trajets à vélo jusqu’au recyclage des cartons. Carton plein c’est un projet sans concession, entièrement dévoué à l’économie sociale et solidaire.
Comment définiriez-vous l'éclosion du projet ? Votre motivation ? : 
Le projet émane d’une intuition des deux fondateurs. Avec tous ces cartons qui débordaient des poubelles dans Paris, ils y ont vu une opportunité. Ensuite, l’idée du vélo vient d’une logique d’accessibilité, tout le monde peut faire du vélo, conduire une voiture nécessite un permis, souvent trop onéreux.
Quelle analyse faisiez-vous à l'époque de ce marché ? : 
Ce projet est l’histoire d’un plantage. Si le recyclage était à la base de l’idée, on a vite été confrontés à un problème de volume et de stockage. Le recyclage nécessitait de gros volumes. Ainsi, on connaissait le gisement, mais nous n'avons pas trouvé de débouchés économiques, on a même failli mettre la clé sous la porte. Puis on s’est vite rendu compte que l’état des cartons récupérés permettait largement de les réutiliser. Le déménagement est venu d’abord des clients qui nous demandaient de l’aide, on a ensuite décidé d’en faire une partie de notre activité, surtout après avoir vu que c’était possible, notamment avec des exemples à Rennes et à Montréal.
Quelle analyse en faites-vous aujourd'hui ? : 
On est relativement les seuls à se positionner sur ce créneau là. Le secteur du déménagement est super concurrentiel, mais dans une démarche sociale et avec des cartons réutilisés, on est les seuls.
Comment définissez-vous la concurrence ? : 
Elle est à la fois très présente, mais le marché est tellement important que l’on ne se marche pas trop dessus. Avec 10 000 déménagements par mois à Paris, ça laisse de la place. Surtout que l’on ne se positionne pas forcément sur les gros déménagements, même si ça nous arrive d’en faire. Aussi, nos tarifs sont avantageux, notre démarche responsable et durable fait que notre offre est intéressante et valorisée. On a beaucoup de facteurs qui font que notre offre est intéressante, l’aspect social de réinsertion est aussi très important.
Quels difficultés/obstacles avez-vous rencontrés ? : 
On a eu la chance d’être soutenus depuis le début par les entreprises, ce qui a été très important pour nous. La question du modèle économique était rude, mais on l’a trouvé. Concernant l’accompagnement, on est financé à 50% par la région Ile de France, comme la majorité des structures de réinsertion. On cherche à être un peu plus indépendant, sans pour autant chercher à être 100% autonome. On rend un réel service à la collectivité avec ce travail de réinsertion. La question du foncier est aussi difficile à surmonter, on a besoin de place pour stocker nos cartons, nos vélos. Aussi puisqu’on parle de vélo, on aimerait que l’écosystème du vélo se développe un peu plus. On manque de customisation possible, les vélos cargos coûtent cher et l’entretien n’est pas si simple que ça. On utilise des vélos électriques mais le manque de paramétrage est un réel frein. On est complètement dépendant du constructeur. On essaye de se rapprocher des constructeurs de vélo XYZ, des vélos open source qui peuvent être montés à la main, c’est quelque chose qu’on essaye vraiment de développer.
Comment les avez-vous surmontés ? : 
Simplement avec une gestion rigoureuse de la trésorerie. On a eu beaucoup de soutien. Après, pour la dimension foncière, on cherche mais ce n’est pas facile surtout à Paris. Mais on fait avec, on se supporte les uns les autres avec le sourire !
Comment définissez-vous le modèle de votre projet ? : 
En 2015 : 58% sur la collectivité. 20% fondations le reste c’est l’autofinancement.
Qu'est-ce qui vous manque aujourd'hui pour faire monter en puissance le projet ? : 
Aujourd’hui il existe à Paris un financement qui s’appelle le « financement des premières heures », qui finance le retour progressif à l’emploi des personnes largement exclues socialement, à la rue. Mais ce financement est spécifique à Paris. On aimerait qu’il soit étendu à l’ensemble de la région parisienne, car nous sommes aujourd’hui limités géographiquement parlant.
Si vous deviez définir une suite à cette histoire en une phrase ? : 
La suite de ce projet, comme je le dis souvent c’est de ne rien lâcher. Rien, ni personne non plus. On ne lâche rien sur la manière dont on voit notre projet et dont on veut le faire et aussi avec qui on veut le faire. On veut travailler avec des personnes de la rue, et cela se passe bien. On veut établir un contact durable avec eux, qu’ils travaillent encore pour nous ou non.
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