"Faire tomber les silos entre l'ensemble des acteurs de la chaîne logistique de distribution"
URBISMART
mise à jour le lun, 04/24/2017 - 10:11
Entretien avec : 
Jean-Paul Rival, co-fondateur et DG
Réalisé le : 
13.03.2017
Une définition de ce projet en une phrase ? : 
C’est la digitalisation de la filière logistique.
Votre lecture en quelques dates de l'agenda du projet ? : 
Septembre 2014 : création d’Urbismart ; Septembre 2015 : ouverture de la première ligne avec deux clients ; Mars 2016 : lauréat du 1er concours international de start-up du MIPIM ; Mars 2017 : projet soutenu par le programme d'investissement d'avenir opéré par l'ADEME ; Fin avril 2017 : levée de fonds en cours
Les chiffres clés aujourd'hui ? : 
CA global de l’activité logistique en Europe : + de 875 milliards d’euros ; La logistique représente entre 8 et 12% du CA d’une société de distribution ; Presque 1/3 des camions sont vides ; 35 000 transporteurs en France ;
Quelle est pour vous aujourd'hui sa singularité ? : 
Urbismart souhaite faire tomber les silos entre l’ensemble des acteurs de la chaîne logistique de distribution, qu’il s’agisse des chargeurs, des différents prestataires logistiques ou des canaux de distribution : particuliers, consignes, distribution en boutique, etc. Les silos entre le public et le privé sont aussi repensés afin d’intégrer les villes dans cette démarche de mutualisation, l’objectif étant d’arriver à une solution à la fois : multi-chargeurs, multi-prestataires, multicanal et par conséquent multimodale. La simplification de la logistique permet ainsi d’utiliser autre chose que les camions.
Comment définiriez-vous l'éclosion du projet ? Votre motivation ? : 
Nous sommes principalement motivés par la situation d’impasse actuelle dans laquelle se trouve la Supply Chain. Les enseignes ont besoin de faire des économies toujours plus importantes parce que la logistique n’est qu’un centre de coût, les transporteurs ont besoin de retrouver des volumes et des marges, sachant que c’est un métier qui est en grande précarité, et les villes sont forcées de répondre à la saturation grandissante du trafic, liée notamment à la montée d’internet qui de fait multiplie les livraisons en ville. Il faut donc une solution qui permette moins de trafic, moins de congestion, moins de pollution, moins de nuisances, et la somme de tout ça aujourd’hui ne peut se faire qu’en faisant tomber le modèle actuel et en ayant une approche radicalement décloisonnée pour arriver à la logique : une rue, un camion, qui livre, et les boutiques et les particuliers de cette rue.
Quelle analyse faisiez-vous à l'époque de ce marché ? : 
C’est un marché qui était au goût de son modèle, c'est-à-dire que les méthodes traditionnelles ne pouvaient plus progresser. C’est ce qui nous a motivé à repenser le modèle complètement et à y introduire de l’intelligence nouvelle sous forme de technologies. Pour cela, notre modèle se base sur des systèmes d’intelligence artificielle, de moteurs d’optimisation dynamique, et de big data.
Quelle analyse en faites-vous aujourd'hui ? : 
Notre analyse ne diffère pas tant encore aujourd’hui. Urbismart est une vraie première mondiale, en tout cas à notre connaissance nous n’avons pas trouvé d’autres sociétés, d’autres projets similaires, qui ont cette ambition de regrouper à la fois l’ensemble des chargeurs, des prestataires, des canaux de distribution et ça à l’échelle nationale, européenne, voire au-delà. Aujourd’hui, je ne peux pas vous dire comment cela va se passer, je peux dire qu’il y a quelques nouveaux entrants qui ont effectivement une approche nouvelle comme Amazon par exemple, mais que le reste de ce monde-là reste traditionnel.
Comment définissez-vous la concurrence ? : 
Aujourd’hui, ça paraît très prétentieux de dire ça, mais j’ai un vrai concurrent qui s’appelle Amazon.
Quels difficultés/obstacles avez-vous rencontrés ? : 
Un obstacle majeur relève du caractère atypique, innovant et ambitieux de notre modèle. Nous sommes contraints d’avoir tout de suite un effet volume, et là on se heurte à une approche très, en fin de compte, cloisonnée des investisseurs pour lesquels, soit vous êtes dans la case amorçage, et c’est 500 000€ pour une bonne idée, soit, pour obtenir 1, 2 ou 3 millions, il faut que vous ayez un chiffre d’affaires avancé. Seulement notre modèle se trouve complètement entre les deux, on a eu deux investisseurs historiques qui sont les groupes Affine et Kaufman & Broad et qui ont largement participé au dessus des 500 000€. Nous sommes au-delà de la phase amorçage, mais on ne pourra vraiment générer du chiffre d’affaires que lorsqu'on aura trouvé les investisseurs suffisants, et c’est là où l’on cherche au minimum 1,6 million d’euros. Donc la vraie difficulté c’est cette levée de fonds d’un modèle atypique qui ne correspond pas aux abaques classiques.
Comment les avez-vous surmontés ? : 
En abandonnant tous les investisseurs classiques, parce qu’ils n’ont pas vu et/ou qu’ils n’ont pas la compétence métier pour percevoir la puissance du modèle. En ce sens, on s’est retourné soit, vers des sociétés proches de la logistique, soit, vers des investisseurs internationaux, pour le moment ce sont nos deux pistes. Aussi, pour fonctionner notre modèle doit garder une certaine neutralité, car lorsqu’on est multi-chargeurs, multi-prestataires, il ne faut pas que l’on se retrouve concurrent d’un des chargeurs ou prestataires directement, sinon le modèle lui-même tombe. Cela rajoute de la complexité avec les investisseurs qui doivent garder cette position de neutralité bienveillante.
Comment définissez-vous le modèle de votre projet ? : 
C’est un modèle révolutionnaire radicalement nouveau, à la fois dans la technologie utilisée, parce que les moteurs d’optimisation dynamique et d’intelligence artificielle que l'on emploie n’ont pas servi à ce jour des objectifs privés, ce sont des choses qui nous viennent plus du monde militaire, et à la fois dans le modèle d’affaires, parce qu’on est dans une logique d’un vrai tiers de confiance fédérateur. C'est-à-dire que nous ne sommes pas une plateforme web, nous ne sommes pas sur un modèle Uber où l’on met en relation des gens qui ont un besoin et qui reçoivent un service en retour, nous sommes une vraie société de services. Toute la technologie que l’on développe, elle est pour notre propre compte, pour avoir le moteur qui nous permette de rendre le service. On peut parler à la rigueur d’une méta-plateforme, car on est un prestataire sans camion, ni entrepôt, mais on va piloter l’ensemble des flux pour le compte des chargeurs et des transporteurs.
Qu'est-ce qui vous manque aujourd'hui pour faire monter en puissance le projet ? : 
La technologie est prête, l’argent recu a servi justement à développer le front et le back office de notre système d’information. Il ne manque plus que l’essence à mettre dans le moteur, c’est-à-dire l’investisseur.
Si vous deviez définir une suite à cette histoire en une phrase ? : 
C’est la concrétisation d’un modèle systémique, transverse, décloisonné, similaire à ce qu’on fait dans d’autres domaines, mais focalisé sur la logistique.
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